Ukraine : un avenir étudiant malgré la guerre

Qu’est devenue l’Ukraine ? Qu’est devenu ce pays placé pendant un an au devant de la scène internationale ?

Qui a lavé le sang des morts de la révolution sur la place Maidan ?

Des revendications au cœur de la capitale à la guerre sur le front Est: état des lieux au travers du regard de trois étudiantes.

Elle s’appelle Olesya Zhukovskaya, elle avait 21 ans au moment des faits, une étudiante en médecine venue comme beaucoup d’autres porter main forte aux insurgés. Il y a un an sur la place de l’indépendance ukrainienne, elle a failli perdre la vie. Derrière l’arche jaune de l’esplanade qui fait face à la colonne dorée elle soignait les blessés quand une balle lui a transpercé le cou.Son premier geste : s’emparer de son téléphone mobile et inscrire sur twitter ces deux mots glaçants : « je meurs ».Ils vont faire le tour du monde et devenir le symbole de cette révolution étudiante.Cette miraculée pense-t-elle être devenue un symbole ? «Ce n’est pas à moi de le dire, certains ont fait beaucoup plus que moi, je ne sais pas ». Incertaine également quand j’évoque avec elle le sort de l’Ukraine : «  C’est le rôle des politiciens de faire quelque chose, moi je ne peux rien faire ».

Seulement quelques mois après Maidan, l’Est du pays se trouve pris par de violents combats entre l’armée ukrainienne régulière et l’armée russe.

Alexandra jeune étudiante de 23 ans originaire de la ville de Donesk, prise par les forces russes cet automne a fuit sa région natale pour poursuivre ses études dans la ville de Vinitsa, à 250 km de Kiev où a été transférée l’université de Donesk. Elle accuse la révolution Maidan :«  Avant nous vivions plus ou moins normalement mais depuis la révolte de la capitale c’est un véritable drame pour nous ».Elle a fait le voyage avec deux de ses amies et garde un contact régulier avec sa famille restée sur place. « J’ai très peur pour eux, il y a des bombardements, ma grand-mère me dit que des tanks polonais sont arrivés dans la ville, mais je n’y crois pas. Comment ma grand-mère pourrait savoir ce que sont des tanks ? »Sa vie ici, dans « la zone de paix », elle la considère comme une chance même si elle me confie qu’au départ elle « se réveillait aux moindres bruits, pensant à des bombes ».Les bouquets de fleurs colorées, les stèles qui défilent sur ces routes rocailleuses qui rejoignent les différentes villes apparaissent comme autant de plaies que le pays peine à panser.

Il ne reste à ceux qui avaient tout miser sur l’avenir qu’un maigre choix : continuer de se battre pour ce qu’ils appellent en masse leur patrie ou partir.

L’exil en France c’est le choix qu’a fait Helena, étudiante en langue de 22 ans, habitante de la région de Tcherkassy. Trois ans à apprendre la langue de ce pays dont elle rêve, trois ans les yeux rivés sur une photographie de la Tour Eiffel.En attendant, elle travaille comme interprète, Helena traduit les lettres d’amour de toutes les Ukrainiennes qui rêvent de se marier en Europe,elles veulent rencontrer celui qui pensent-elles, changera leur destin. Elle me confie que « toutes ces femmes pensent que la vie est mieux à l’étranger ».Cette guerre à l’autre bout du pays résonne aussi dans la vie d’Helena, les prix des produits de consommations comme le café ou le thé ont doublé. La vie de l’étudiante devient de plus en plus incertaine…Pour elle la mobilisation n’est pas qu’un mot : son père est appelé pour la deuxième fois à aller combattre. Aller combattre pour quoi, et surtout pour qui ? Au fond, d’après elle, personne ne l’a jamais compris.

C’est par eux que tout commence toujours, les étudiants, ceux qui entendent porter leurs voix au plus haut pour qu’enfin Ukraine vive.

Université de Donesk à Vinitsa

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